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05/07/2017 par

Tunu tutu tutu

Après avoir quitté les îles montagneuses des Marquises, nous nous rendons dans l’Archipel des Tuamotus. Très différent, car l’île volcanique n’existe plus. Elle a laissé place en s’effondrant à une barrière de corail entourant l’atoll. Bien connu des marins de l’époque pour le danger qu’ils représentent, les Tuamotus en restent un endroit d’exception que le gouvernement français a jugé adéquat pour y tester l’arme nucléaire. Mais quelle bonne idée.

L’atmosphère pour nous change totalement. Nous avions pris l’habitude de croiser d’autres bateaux aux Marquises. Mais vu que les Tuamotus, bien que n’étant partout accessibles, comptent quand même 76 atolls, les mouillages se font plus solitaires. C’est sans nous déplaire. Nous passons d’abord 10 jours dans la petite communauté de Raroia, atoll très isolé ne comptant qu’une centaine d’habitants (c’est à Raroia que s’est échoué Thor Hayerdahl lors de l’expédition du Kon-Tiki). Le courant passe très vite avec les jeunes du village, car ils font aussi du kite. Les enfants du village alors en vacances nous attendent sur le quai lors de chacune de nos visites à terre pour nous poser des tas de questions ou pour jouer au ballon. Et bien sûr pour venir visiter le bateau.

Une rencontre en entraînant une autre, nous sommes sollicités pour des tas d’activités. Chasse aux crabes des cocotiers, pêche à la machette (et oui ça existe), pêche aux langoustes sur le récif de nuit, visite de la ferme perlière familiale et tressage d’objets divers et variés en branches de cocotiers et confection de couronnes de fleurs (enfin pour les filles, et David).

Ceci m’impose une explication sur le titre de ce post. Tunu tutu tutu est le mode de cuisson traditionnel des Paumotus (les locaux). Il s’agit simplement de balancer les poissons dans le feu, d’attendre que ce dernier s’essouffle pour en extraire les poissons carbonisés. Il suffit alors de les passer à l’eau de mer et de leur retirer la peau. Cela permet : 1) de ne pas se brûler 2) d’assaisonner à sa convenance. Sciés par la simplicité de la recette, nous en sommes devenus des inconditionnels. On verra si ça marche avec les brochets.

Nous choisissons de visiter 4 ou 5 atolls et d’y passer plus de temps, plutôt que de vouloir visiter chaque île. Nous alternons entre mouillages isolés où nous organisons nos journées autour de la chasse sous-marine et de la cueillette de cocos et les endroits plus populaires, souvent à cause de la plongée. Nos profitons de la célèbre passe de Rangiroa pour y passer notre brevet de plongée, passé avec brio. Les Tuamotus sont particuliers pour la faune sous-marine. Il n’est pas rare de compter une dizaine de requins qui tournent à l’arrière du bateau. Les baignades se raccourcissent parfois drastiquement lors de doutes sur l’intention des copains de baignades. Mais il n’y a aucun danger, nous dit-on. Facile à dire.

La navigation à l’intérieur des atolls nécessite une extrême prudence. D’un part les passes peuvent provoquer des courants allant jusqu’à 8 Nœuds et provoquer un mascaret infranchissable, d’autre part les lagons ne sont pas cartographiés. Nous devons donc régulièrement poster quelqu’un dans le mât pour veiller aux patates (têtes de corail). Nous en ressortons indemnes, malgré quelques frayeurs.

Nous venons d’arriver dans les îles de la société, sur lesquelles j’en suis sûr, il y aura beaucoup à raconter, mais ça sera pour la prochaine fois. D’ici là on vous salue.

Alexandre et David (et oui nous ne sommes plus que 2).

Carnet de bord

  • Position:

    16°44'06.7"S 151°29'07.4"W Raiatea


  • Milles:

    32500


  • Température:

    29°C


  • Météo:

    Tout a fait agréable...