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17/10/2015 par

Au revoir Cuba!

« Les cyclones tropicaux sont les tempĂŞtes les plus violentes que l’on peut rencontrer en mer et il est Ă  la fois prudent et avisĂ© d’éviter les zones et les saisons oĂą ont lieu ces Ă©vĂ©nements. Les vents extrĂŞmement puissants et les mers Ă©normes qu’ils lèvent peuvent facilement faire chavirer un petit bateau. Â» Merci Jimmy Cornell, on va faire attention...

Se trouvant précisément à cette saison dans cette zone, le principal enjeu de notre séjour à Cuba consiste à éviter la catastrophe. Ce qui peut paraître inconscient à première vue, ne l’est pas vraiment, à condition de respecter deux règles fondamentales... La première étant de rester à proximité immédiate d’un bon abri à cyclone et la deuxième de connaître l’évolution journalière de la météo. Comme prévu, ces conditions sont réunis ici, nous permettant de rester planqués jusqu’à la fin de la saison dangereuse. Et même si trois mois sur cette île nous paraissaient vraiment long au début, ce pays incroyable nous aura convaincu du contraire.

Un pays socialiste donc en très grande partie géré par le gouvernement, souffrant d’un embargo Américain, toutefois touristique et peuplé de gens agréables, plus cultivé que la moyenne mais relativement pauvres, donne forcément naissance à quelques curiosités.

Commençons par les courses...Pas besoin de liste de commissions ici, tu prends ce qu’il y a, et en quantitĂ© suffisante car c’est pas sĂ»r qu’il y en ait encore demain. Première arrĂŞt Ă  La bodeguita, c’est ici que les cubains reçoivent les aliments de base auxquels ils ont droit chaque mois, avec leur carnet de rationnement. Riz, haricots noirs, farine, sucre, avec quelques bestioles, viande de porc en vrac, des Ĺ“ufs mais pas toujours, il y a dĂ©jĂ  de quoi faire. Pour les lĂ©gumes et les fruits on a le choix entre le marchĂ© ou les stands ambulants souvent montĂ©s sur une sorte de tricyclette, mĂŞme chose ici, il n’y a pas grand chose et toujours pareille. Pour tout le reste, il faut chercher dans les magasins pour les riches. 5 mètres de rayons remplis de la mĂŞme sauce tomate plus dix mètres d’huile Cochinero, 6 balles la boite de thon, pas de produit vaisselle, pas de dentifrice, super...Notons ici les trois dĂ©faites de la rĂ©volution cubaine : le p’tit dĂ©j, le dĂ®ner et le souper.

D’ailleurs la révolution reste omniprésente. En premier à travers un système d’éducation et de santé à portée de tout le monde, conduisant à une société saine de corps et d’esprit. Mais malgré quelques récentes réformes comme la possibilité de créer une micro-entreprise privée, l’accès à internet ou la possibilité de s’acheter un passeport, le système policier continue à réprimer toute forme d’opposition au parti unique. C’est aussi le gouvernement qui définit les salaires de la grande majorité des cubains, à quelque chose entre 15 et 30 francs par mois. Ce faible pouvoir d’achat combiné au fait qu’un nombre grandissant de produits essentiels sont vendus aux prix occidentaux, oblige les cubains à arrondir leurs fins de mois. Il est tout à fait courant de rencontrer un guide qui travaille comme prof de dessin technique à l'uni, une trafiquante de lingerie italienne qui bosse à la banque, ou encore un chauffeur de taxi avec une licence en droit. Ce qui qualifie un bon boulot ici, c'est souvent combien de devises étrangère il permet d'engranger. Meilleur exemple, le gardien de port, qui va s'empresser d’exaucer le moindre désir du plaisancier américain, compagnie féminine, rhum, cigares et tout le reste, contre commission bien sûr. Il faut quand même admettre qu'avoir deux boulots ici veut pas forcément dire s'exposer au Burnout. Jamais personne ne sera stressé et une file de 20 personne n'y change absolument rien. De plus nous savons de plusieurs sources fiables ainsi que d'observations personnelles que la semaine commence mardi midi et finit jeudi soir.

Cuba est un pays qui met un peu de temps pour dĂ©voiler sa beautĂ©. Une beautĂ© subtile, joyeuse, que nous avons surtout dĂ©couvert au fond des yeux, au coin d'un sourire, au fil des rencontres. Merci Ă  Cuba, Ă  Simon, sa famille et ses potes ! Merci Fidel, Josefina, Usnavy, Rusland et Ă  tous les autres, les cyclones c’est fini, et nous on va manger un vrai burger !

Carnet de bord

  • Position:

    23° 11' 34.3"N 81° 07' 34.8"E

     

    Marina Varedero, Cuba


  • Milles:

    12263


  • TempĂ©rature:

    28°C


  • MĂ©tĂ©o:

    Fin de la saison des cyclones!!! Enfin!


  • Rouleaux de PQ:

    Fini


  • Cave Ă  vin:

    Havana Club Anejo Blanco