More in this category:
26/11/2014 par

Voyons ce qu'il se passe de l'autre côté!

Le soleil se couche, Saô Vicente disparait lentement dans le sillage, on va traverser un océan! Avec le vent qui s’établit, l’appréhension fait place au plaisir de naviguer, celui de voir le Bonavalette filer toutes voiles dehors sous les étoiles, de le voir content. Les prochaines semaines, notre vie sera plus simple que jamais, il n’y aura que le vent les vagues et nous.

 

« Mike...Miaou...MIIIIKE! C’est ton quart! »

Le réveil, la pire sensation qui soit, et j’ai réussi à dormir qu’une heure sur quatre, mais bon faut se lever Dada doit être crevé. La cafetière italienne chante déjà.

- Merci. Comment ce début de nuit? T’as lâché le ris ?

- Ouais c’est plus tranquille, ya des dauphins dehors, bon quart.

- Cool, dors bien.

Comme disaient les Damien, on parle peu mais on communique beaucoup.

Une fois assis dehors avec mon café et ma clope, à regarder les derniers dauphins s’en aller chercher un autre truc rigolo à faire, je me dis qu’il va falloir trouver une solution pour ne pas m’endormir debout. Alex a déjà fait du pain pour demain, si je continue mon livre je n’y comprendrai pas une phrase, reste le kit musical de survie. Electro à fond, encore une clope, et je prend la barre. Alors que le corps, en mode pilote automatique, fait avancer le bateau, l’esprit bercé par le son se trouve complètement ailleurs, au Brésil, au Canada, en Suisse.

« Alex...Alex...MIAAAOU, c’est ton quart, le thé est prêt! »

 

12 jours à parcourir 3000 kilomètres au beau milieu de nulle part, à 10 km/h avec notre petite maison, c’est quand même particulier. Sortir à trois sur le pont après un bon film et se rendre compte qu’il n’y a que du bleu autour. Jeter les boites de conserve vide par la fenêtre. Passer d’un système climatique vers un autre. Attraper, tuer, vider et cuisiner le souper. Se rendre compte en croisant l’équateur qu’on a déjà fait un sacré chemin depuis Bâle, seulement avec du vent. Et tout à coup c’est la terre, un autre continent, le Brésil.

Recife! « boa noite, a lama é moin caro, se alguma vez, mas a porta é mantida” ....Rien compris, c’est pas grave... On peut enfin se dégourdir les jambes, boire une bière fraîche, plutôt trois ou quatre en faîte, manger un bout de bidoche avec Seu Jorge, fabuleux ! Le lendemain déjà Alex prend l’avion pour aller bosser en Suisse, ça fait bizarre d’en voir un quitter le navire « Bon ben tcho, on se chope aux Antilles ! » . On reprend la mer assez vite pour aller voir du côté de Jacaré, il paraît qu’il y a des étudiantes qui aiment pratiquer leur anglais là-bas.

Pas d’étudiantes mais pleins de nouveau bateau-copains. Après le premier Sabadino collectif, véritable triptyque brésilien, musique à fond, bouffe et cachaça, on passera une bonne partie de note temps entre le surf et la compagnie des autres bourlingueurs. Echanges de bons plans, de souvenirs et de rêves, c’est bienvenu quand on est que deux à bord et qu’on parle pas portugais. Mais le large nous appelle.

C’est un vrai bonheur de naviguer ici. Toujours entre 15 et 25 noeuds de vent portant, 2-3 noeuds de courant dans le cul, grand soleil. Des fois on se dit quand même que les vagues sont grosse, que ça souffle bien. Le léger malaise est vite écarté en voyant les Jangadas, barques de pêche locales à 50 centimètres au dessus de l’eau, nous croiser à 50 milles des côtes, pas peureux les mecs ! Nous on attrapera rien du tout jusqu’au terme de notre croisière de la cachaça, les îles de Lençois.

Un décors incroyable nous attend dans ce village loin de tout. Perdu entre les dunes et la mangrove, ces gens vivant que de la pêche et des noix de coco, semblent reliés au reste du monde que par leur télévision. Ce sont des gens heureux, tous sourires au milieu des rues de sable. Ils ne manquent pas une occasion de nous offrir du poisson à domicile. « Tem peche ? Un grand comme ça ? Muito obrigado! » Malheureusement la communication pose problème, enfin de notre côté, eux ne se soucient gère du faîte que l’on pige rien du tout, et continuent à parler. « Muito obrigado, j’aimerais pouvoir te répondre et j’ai pleins de questions à te poser, mais bon voilà, je t’offre mon sourire et une poignée de main ».

Carnet de bord

  • Position:

    001° 18' 68" S

    044° 52' 53" W

    Lençois


  • Milles:

    8123


  • Température:

    Beaucoup trop chaud


  • Météo:

    Le soleil se lève à 5h24 et se couche à 17h34


  • Cave à vin:

    Ici c'est la Cachaça ou rien