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16/09/2014 par

Tud drett, tud'kool, tud tranquil

Le mois passé au Cap-Vert fut riche en découvertes et rencontres et il est difficile de parler de tout ce que nous avons pu y vivre. Au départ des Canaries, nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre vu que ce pays est mal connu par les navigateurs et ceux qui y sont allés ne sont pas tous du même avis. C’est donc sans préjugés que nous sommes arrivés à Mindelo, la capitale culturelle du Cap-Vert sur l’île de Sao Vicente. Quelques minutes après notre arrivée, nous accueillons Jonas qui va passer les 3 semaines suivantes avec nous. Youpi, un quatrième pour taper le carton !

Les grands bâtiments colorés et les rues pavées datant de l’époque coloniale ainsi que la culture musicale donnent au lieu une atmosphère chaleureuse et nous nous y sentons vite très bien. La langue commune est le créole cap-verdien. C’est un mélange de portugais et de créole ouest-africain. Nous nous débrouillons donc avec notre petit livre de phrase en portugais, beaucoup de gestes et quelques expressions cap-verdiennes : Toud dret, toud cool, toud tranquil. Beaucoup parlent français ou anglais ce qui nous facilite la tâche.

Nous avons pu nous rendre compte au fil de notre séjour que ce pays est construit sur la base d’un énorme mélange racial et culturel. Le Cap-verdien type n’existe pas. Les gens y sont blancs, beurres, noirs, aux yeux bleu-gris ou bruns foncés avec des traits européens, africains ou asiatiques et je vous promets qu’il est difficile parfois de ne pas tomber amoureux en croisant un regard. En fait, c’est un joli bordel et ils aiment bien faire des gosses à gauche à droite donc ça n’arrange rien.

Le paysage qui change du tout au tout parfois seulement en dépassant une colline participe à cette mixité. Santo Antao, l’île au nord-ouest de Sao-Vicente en est le parfait exemple. Depuis le sud, l’île a l’air complètement sèche, presque déserte mais dès que l’on atteint les hauteurs et que l’on redescend les petites vallées dans le nord tout devient soudain très vert et vivant. Papaye, mangue, goyave, patate douce. D’un coup, on se trouve au milieu des tropiques. Bien que ce soit l’île la plus pauvre de l’archipel, les gens y sont extrêmement accueillants et généreux. Je ne vous explique pas le plaisir que nous avons eut à trouver des toilettes à la fin de la journée après avoir goutté à tous les fruits et toutes les variantes de grogue.

En fait, chaque île détient une ambiance particulière. Sao Nicolau qui est la capitale religieuse du Cap-Vert est très tranquille. A vrai dire, on a presque l’impression de déranger en y accostant. D’ailleurs la plus grande ville est cachée à l’intérieur de l’île dans les hauteurs afin d’échapper aux pirates et pillards d’antan. Nous y avons découvert la recette du sandwich à l’œuf au plat frit que nous baptisons alors « Ribeira Brava » (Capitale de Sao Nicolau) et qui va probablement nous accompagner tout au long de notre périple. À l’inverse, Fogo, avec son volcan culminant à plus de 2800 mètres de haut, ne peut pas être manqué. Nous sommes allé faire une balade sur le volcan qui a failli tourner au drame entre Micky qui se blesse le genoux en faisant des acrobaties et Jonas qui oublie son appareil photo en haut du petit volcan (On est donc remonté le chercher…). Les risques encourus valurent la peine car nous y avons découvert un paysage volcanique impressionnant. On avait l’impression d’être sur la lune.

C’est à Sal que nous avons fait nos premiers essais de chasse au harpon. La matinée de pêche à quatre nous a permis de faire un bon barbecue de poisson perroquet au clair de lune. Bien que l’endroit soit très touristique, nous avons décidé de faire un tour à Santa-Maria ou une dizaine de gosses a pris possession de notre dinghy. Il a alors bien fallu faire preuve de patience pour leur expliquer comment utiliser les rames afin de faire un petit tour et de reprendre possession de l’embarcation.

Notre séjour sur l’île de Brava fut bref mais intense. A peine débarqués dans le petit village de Forno que nous sommes fait déjà plusieurs amis, dont John-John, un cap-verdiens ayant vécu plus de 30 ans aux Etats-Unis et renvoyé au Cap-vert faute de visa. Nous faisons connaissance autour d’un poisson grillé accompagné de frites et d’une petite « fresquinha » sur la petite place du village. Il faut dire que ce n’est pas toujours facile d’en placer une avec lui mais il a su nous faire partager un peu de son pays en nous emmenant pour une promenade très sympathique dans l’île.

Après avoir déposé Jonas à Praia pour prendre son avion, nous sommes reparti à Mindelo afin de préparer notre traversée de l’Atlantique. Les portes de l’Afrique nous étant fermées à cause d’Ebola. Le séjour au Cap-Vert nous a beaucoup plu et je crois que chacun d’entre nous aura envie d’y revenir un jour ou l’autre.

Nous sommes maintenant à Mindelo et allons partir pour la traversée dans la semaine. On vous donnera des nouvelles depuis le Brésil. Youhou, à nous l’Océan Atlantique !

Carnet de bord

  • Position:

    16° 53.9' N

    024° 59.8' E

    Mindelo, Cap Vert


  • Milles:

    4947


  • Température:

    28°C


  • Météo:

    La saison des pluies arrivent, et nous on part!


  • Rouleaux de PQ:

    refait le plein pour 15 jours


  • Cave à vin:

    une pour l'equateur